Entre montagne et eau

une toute petite figure

dans le coin d’un monde 

façonné d’encre et de blanc 

sur un papier de riz

prend part aux dix mille choses

entre montagne et eau

 

on la discerne à peine

elle n’a pas de regard

ne se montre pas plus

mais elle n’est pas aveugle

ni ne tourne son dos

elle voit ce qui l’entoure

elle s’en accorde bien

 

les rochers gigantesques paraissent moins menaçants

les herbes minuscules n’ont plus d’insignifiance

la brume se défait de son mystère ambiant

les bambous abandonnent leurs postures invasives

et même l’eau qui tombe, qui cascade, ou qui stagne

ne cherche à engloutir

 

elle se trouve, là

 

mais brutalement

d’un coup de sang

le rouleau se replie

 

elle disparaît

elle et son monde